Fragments d'une vie

histoire d'un regard
fragments d'une vie
Site en construction
« Que veut dire oublier si voir existe à peine », ainsi se termine un poème de Ludovic Janvier (La mer à boire, 2006).
Mon enfance ne fut pas ouverture sur un extérieur, trop attachée que j’étais à maîtriser le monde des autres, ayant construit comme mode de défense le travail intellectuel, le refuge dans les livres. J’ai l’impression de n’avoir pas pu et su « voir », d’être passée à côté d’une épaisseur du monde, d’une beauté qui trouble. Peu de souvenirs, peu de saveurs. Pourtant j’ai arpenté la nature en toutes saisons, regardé avec mon père des levers de soleil sur le Jura, traversé des plaines blanches et des arbres givrés. Sensible surtout aux mots, aux poésies, aux romans certes, je ressens toutefois avoir été enfermée en moi, éprouvant tant de peine à entrer en relation, maladroite dans mes gestes, silencieuse dans la parole. Les livres ont été mon horizon, mon regard posé sur la page.
En 2003, j’ai pourtant commencé à photographier, du train, entre Genève et Paris. Toujours en 2003, ce fut ma première découverte de l'Albanie. Ouverture d'un regard. Besoin dès lors d’horizon, sensibilité aux couleurs, aux quotidiens des choses. Persistance depuis 2010, date de la fin de ma vie à l’université.
« Histoire d’un regard. Fragments d’une vie » est consacré à cette prise d’images. Pour les partager. Il fait suite à un autre site (mireillecifali.ch), lui, lié à ma carrière de clinicienne comme professeur de l’Université de Genève.
Mireille Cifali Bega, mai 2026



















